Surpopulation, détention provisoire prolongée, violences en garde à vue : nous suivons ce qui se passe derrière les murs des prisons mauritaniennes.

1. Le Constat
2. Notre Action
3. Notre Impact
La Mauritanie a ratifié la Convention contre la torture en 2004 et son Protocole facultatif en 2012. La loi n° 2015-033 définit la torture et écarte tout aveu obtenu sous la contrainte. Un Mécanisme national de prévention de la torture (MNP), chargé de visiter les lieux de privation de liberté, fonctionne depuis avril 2016.
Dans les faits, les prisons de Nouakchott restent surpeuplées. En janvier 2017, la prison de Dar Naïm accueillait 866 détenus pour 350 places. Une part importante des détenus attend son jugement, parfois pendant des mois, et les transferts vers l'intérieur du pays les éloignent de leur famille et de leur avocat.
Des décès en garde à vue sont encore signalés. Le 9 février 2023, le militant Souvi Ould Jibril Ould Cheine est mort au commissariat n° 2 de Dar Naïm peu après son interpellation ; ses proches ont fait état de nombreuses lésions sur son corps.
Avec ECPM, l'AMDH a coordonné en 2019 l'enquête « Le bagne au pays des sables » sur les conditions de détention des condamnés à mort, puis en a présenté les conclusions au Comité des droits de l'homme de l'ONU. Aucune exécution n'a eu lieu depuis 1987, mais les tribunaux prononcent toujours des condamnations à mort, notamment pour apostasie ou blasphème. Nous demandons un moratoire officiel, première étape vers l'abolition.
Sources : ECPM ; Prison Insider ; FIDH-AMDH, « Mauritanie : la protection des droits humains, un chantier inachevé », juillet 2026.
