Conditions de détention et prévention de la torture

Surpopulation, détention provisoire prolongée, violences en garde à vue : nous suivons ce qui se passe derrière les murs des prisons mauritaniennes.

Motif géométrique décoratif.
866
détenus pour 350 places à la prison de Dar Naïm, à Nouakchott (janvier 2017)

1. Le Constat

Convention contre la torture ratifiée en 2004, loi de 2015, mécanisme de prévention en place depuis 2016. Mais les plaintes aboutissent rarement.

2. Notre Action

Nous formons des avocats à documenter la torture et les mauvais traitements, et assurons la défense de personnes condamnées à mort.

3. Notre Impact

En 2019, nous avons coordonné avec ECPM la première enquête sur les condamnés à mort en Mauritanie, présentée ensuite à l'ONU à Genève.

La Mauritanie a ratifié la Convention contre la torture en 2004 et son Protocole facultatif en 2012. La loi n° 2015-033 définit la torture et écarte tout aveu obtenu sous la contrainte. Un Mécanisme national de prévention de la torture (MNP), chargé de visiter les lieux de privation de liberté, fonctionne depuis avril 2016.

Dans les faits, les prisons de Nouakchott restent surpeuplées. En janvier 2017, la prison de Dar Naïm accueillait 866 détenus pour 350 places. Une part importante des détenus attend son jugement, parfois pendant des mois, et les transferts vers l'intérieur du pays les éloignent de leur famille et de leur avocat.

Des décès en garde à vue sont encore signalés. Le 9 février 2023, le militant Souvi Ould Jibril Ould Cheine est mort au commissariat n° 2 de Dar Naïm peu après son interpellation ; ses proches ont fait état de nombreuses lésions sur son corps.

Avec ECPM, l'AMDH a coordonné en 2019 l'enquête « Le bagne au pays des sables » sur les conditions de détention des condamnés à mort, puis en a présenté les conclusions au Comité des droits de l'homme de l'ONU. Aucune exécution n'a eu lieu depuis 1987, mais les tribunaux prononcent toujours des condamnations à mort, notamment pour apostasie ou blasphème. Nous demandons un moratoire officiel, première étape vers l'abolition.

Sources : ECPM ; Prison Insider ; FIDH-AMDH, « Mauritanie : la protection des droits humains, un chantier inachevé », juillet 2026.