L'esclavage par ascendance est un crime contre l'humanité depuis 2015. Les victimes attendent encore que la loi s'applique.

1. Le Constat
2. Notre Action
3. Notre Impact
Aboli en 1981, criminalisé en 2007, l'esclavage est qualifié de crime contre l'humanité par la loi n° 2015-031 du 13 août 2015, qui prévoit de 10 à 20 ans de prison. Trois cours criminelles spéciales ont été créées en 2016 à Néma, Nouakchott et Nouadhibou. Jugées inefficaces, elles ont été remplacées en 2024 par un tribunal spécialisé dans l'esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants.
L'esclavage par ascendance touche avant tout la communauté haratine : servitude domestique, travail sans salaire, mendicité forcée des enfants. Les personnes qui en sortent peinent à obtenir des papiers d'identité, ce qui leur ferme l'accès à leurs droits économiques et sociaux, comme l'a relevé le Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l'ONU.
Dénoncer un cas reste risqué. En février 2026, sept membres de l'IRA ont été arrêtés après un rassemblement devant le commissariat de Dar Naïm, où ils réclamaient justice pour Nouha, une fillette de 11 ans présumée maintenue en servitude domestique. Les suspects ont été relâchés après une courte garde à vue. Les sept militants étaient toujours détenus fin juillet 2026.
L'AMDH documente ces affaires, accompagne les victimes dans leurs démarches et porte ces dossiers devant les institutions nationales et internationales.
Sources : FIDH-AMDH, « Mauritanie : la protection des droits humains, un chantier inachevé », juillet 2026 ; Walk Free, Global Slavery Index 2023.