Cybercriminalité, « fake news », symboles nationaux : en Mauritanie, critiquer le pouvoir peut mener en prison. Nous défendons ceux qui parlent.

1. Le Constat
2. Notre Action
3. Notre Impact
La Constitution garantit les libertés d'opinion, d'expression, de réunion et d'association (article 10). Des réformes ont suivi : régime déclaratif pour les associations en 2021, loi anticorruption protégeant les lanceurs d'alerte en 2025.
Dans le même temps, trois textes ont restreint ces libertés : la loi de 2016 sur la cybercriminalité, la loi de 2020 sur la « manipulation de l'information » et la loi n° 2021-021 sur la protection des symboles nationaux, qui punit d'un à cinq ans de prison les atteintes en ligne à « l'autorité de l'État ». Les poursuites pour « diffusion de fausses informations » ou « incitation à la haine » visent surtout les militants abolitionnistes, les défenseurs des migrants et les journalistes.
En avril 2026, les députées Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour ont été arrêtées sans levée de leur immunité parlementaire, puis condamnées pour des propos tenus en direct sur les réseaux sociaux. Graciées en juillet, elles restent privées de leurs droits civiques pendant cinq ans et ont perdu leur siège. Leur avocat a lui-même été arrêté le jour du procès.
Entre 2025 et 2026, la Mauritanie est passée de la 50e à la 61e place du classement mondial de la liberté de la presse de RSF. L'AMDH documente ces atteintes depuis plus de dix ans, avec la FIDH : « Critiquer la gouvernance : un exercice risqué » (2012), « Liberté d'expression : la Mauritanie face à ses engagements » (2016), « La protection des droits humains, un chantier inachevé » (2026).
Source : FIDH-AMDH, « Mauritanie : la protection des droits humains, un chantier inachevé », juillet 2026.