Le viol n'est pas défini dans le Code pénal mauritanien. La loi Karama, censée protéger les femmes et les filles, est en attente depuis 2015.

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3. Notre Impact
La Constitution garantit l'égalité de tous devant la loi. Pourtant, le Code du statut personnel de 2001 et le Code pénal contiennent des dispositions discriminatoires : la tutelle, le divorce et l'héritage restent largement entre les mains du mari.
Les violences sont fréquentes et mal documentées. Selon l'Enquête démographique et de santé 2019-2021, près de 19 % des femmes de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques ou émotionnelles. L'UNFPA estime que 64 % d'entre elles ont subi une mutilation génitale, et le système des Nations unies que 37 % sont mariées avant 18 ans.
Le Code pénal ne définit pas le viol, mais il punit les relations sexuelles hors mariage (zina, article 307). Une victime qui porte plainte peut donc se retrouver elle-même poursuivie. L'avortement reste interdit, y compris après un viol ou un inceste.
Le projet de loi Karama (« dignité »), qui criminaliserait notamment le viol, l'inceste et le harcèlement, a été lancé en 2015. Examiné en Conseil des ministres en octobre 2023, il est retourné au gouvernement face à l'opposition de responsables religieux et politiques. Lors de son Examen périodique universel de janvier 2026, la Mauritanie a accepté les recommandations l'appelant à l'adopter.
L'AMDH accompagne les victimes, mène des campagnes de sensibilisation et suit la mise en œuvre de cet engagement.
Source : FIDH-AMDH, « Mauritanie : la protection des droits humains, un chantier inachevé », juillet 2026.